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 De l'eau ; des plumes. [PV Magda]

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MessageSujet: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Sam 28 Aoû 2010 - 17:25

La pension IneKa.
Depuis qu’il y était arrivé, Idai se sentait plus que perdu… Comme coincé entre quatre murs, sensation qu’il détestait plus que tout. C’était partout l’enfer. Tant qu’il était dans l’établissement le visage de sa mère pendant ses derniers instants lui revenait devant les yeux. Il n’y avait rien à faire pour chasser cette image de ses pensées, et les seuls instants de répit qu’il pouvait connaître étaient pendant les cours, où il regardait par la fenêtre, se concentrant sur l’extérieur sans penser à rien, seul dans le fond de la classe. Ah ! reposante solitude. Au moins, on ne s’occupait pas de lui, on ne cherchait pas à savoir ce qui lui prenait de rester à l’écart et de ne rien dire, on n’avait pas envie de soutenir son regard pendant de longues minutes. Item aux intercours. Là il se murait dans la musique, ne jetant que de rapides coups d’œil à la porte pour voir si le professeur suivant était ou non arrivé. Mais au fond d’une salle de classe, qui se serait donc soucié de lui ? Personne, comme d’accoutumée.

C’était d’ailleurs une journée plutôt tranquille, sans cours ni rien. Une journée que l’on préfère passer à flâner et à se balader ailleurs qu’entre des murs, sans penser à quoi que ce soit. C’était justement ce que comptait faire Idai dès le début. Après une bonne heure passée à fixer l’extérieur depuis la fenêtre de la chambre vide. Il était tôt, aux environs de cinq ou six heures du matin. Le soleil commençait déjà à se lever. Matinal, matinal… Mais depuis le, peu avouons, de temps qu’il avait envie de faire le tour complet de la pension, pour ne pas dire de l’île, autant partir tôt. Et puis, tout était tellement calme…

Et en matière de calme, ça l’était. Les chemins étaient tous plus déserts les uns que les autres. Du gravier, le bruit des pas sur le gravier, le souffle du vent, la rêverie… Il n’y avait vraiment pas grand-chose, vraiment pas grand-chose. Parfois si, un oiseau, qui venait se percher sur une branche pour chanter. Idai lui répondait alors en sifflant, en s’adossant au tronc d’un platane ou d’un cerisier. Il restait aussi appuyé à l’arbre, les yeux fermés, entouré du calme silencieux, ou presque, des environs. Il ne se passait rien. Quelques fois le vent faisait bouger les feuilles tombées au sol et grincer les rameaux des arbres, mais sans plus. Le ciel était aussi dénué de nuages qu’au sommet du mont Everest ; non, non, il n’y a aucune exagération ; un jour d’été, froid, mais d’été. C’est qu’il ne fait pas chaud dans l’Himalaya… Mais bref, le calme, le silence… La liberté ! Pour la première fois en dix-sept ans, Idai était vraiment libre. Il pouvait aller n’importe où, n’importe quand ; ou presque selon les jours ; sans avoir de menace constante au dessus de sa tête. Il commença à faire un peu plus chaud. Quelle heure était-il ? Aux alentours de neuf heures, sûrement. Impossible de le dire sans montre… Et puis tout était tellement désert, que demander à quelqu’un aurait été… Une sale idée, peut-être. Idai n’appréciait pas la compagnie, et rien que ce sentiment de solitude lui procurait le calme qu’il avait toujours cherché. La seule personne avec qui il s’était sociabilisé, à sa connaissance, fut Clem. Disons que sa mère n’avait pas arrangé son cas d’asocial, et que Clem avait su lui remettre les pieds sur terre. La vie a des hauts et des bas, mais le moral d’Idai avait surtout été au trente-sixième dessous jusqu’à il y a peu. Comme si la solitude pouvait arranger le problème ! Mais oui, exactement, aurait-il répondu. Il aime la solitude, rien à dire de ce côté. Mais de ce côté de la route ?

Non, non, ça n’était pas une blague. Sur ce côté de la route, il y avait bien un panneau. Un vieux panneau en bois, à moitié rongé par toutes sortes de bestioles, du genre termites voraces et on ne sait comment modifiées par l’environnement. Qui sait, des termites de vingt centimètres, ça peut exister… Mais à la réflexion, on aurait pas envie de les croiser. En fin, bref. Un vieux panneau à moitié couvert de lierre, et sur lequel on ne peut plus rien lire, c’est bien pratique. Suivre la direction indiquée par le panneau. Comment prendre ça ? Suivre le chemin que le panneau indique. Ou aller vers l’endroit que l’on lit écrit sur le panneau. Bah, en fait, ça revient au même. Et faut toujours s’en méfier… Quoique tant qu’à être perdu, Idai décida de le faire d’une manière simple : suivre le panneau !

Et encore un chemin désert ! Décidemment, Idai les aimait bien. Et l’île aussi. Certains jours, c’était d’un calme que d’autres auraient jugé plus qu’alarmant. Pas lui. Disons qu’il était un peu accro au calme, et ça n’est pas prêt de changer.
Au fur et à mesure qu’il avançait sur le chemin, le gravier se changea en terre ; non, pas par le biais d’une métamorphose bizarre ; puis en sable.
Oh ! If we run this light, take a little life, no one will care at all. Oh ! We can burn it and leave, for we are the beautiful thieves, no one suspects at all, no one suspects…
Who would run for cover ? Who would run from us ? Who would run for cover ? Who would run from us ?

À mélomane, mélomane et demi. Disons que depuis qu’il s’était engagé dans ce chemin, Idai s’était mis à écouter de la musique. Et puis à chanter aussi. Il s’était mis à chanter, comme par réflexe. Un rapide coup d’œil sur son ombre lui permit de remarquer que ça ne s’arrangeait pas. Ladite ombre avait des ailes, des griffes, et des crocs. Idai inspira à fond pour se calmer et reprit son chemin, se contentant d’écouter la musique, cette fois -ci. Et puis il finit par arriver au bout du chemin, et là… surprise !

Un lac.
Un magnifique lac, digne de ce nom. Dans le soleil de dix heures, la surface de l’eau était comme parsemée de milliers de petits cristaux blancs aveuglants. Quelques rares vaguelettes venaient troubler avec douceur la netteté de l’eau, qui laissait voir les quelques galets du fond, ainsi que les herbes aquatiques et poissons, accompagnés de grenouilles vertes ou simplement bleu vif, voire carrément rouge fraise. L’eau était, en effet, d’une clarté troublante, eh oui c’est le cas de le dire, et l’on pouvait voir le fond du lac de très loin, pour peu qu’on soit monté dans un arbre avant de tomber dans l’eau. Les arbres des alentours laissaient leurs feuilles vertes et légèrement roussies se teinter d’argent sous les rayons du soleil qui blanchissait le ciel sans aucune pitié, alors que leurs troncs devenaient noirs dans l‘ombre et d‘or sous la lumière crue du matin. L’herbe autour du lac jouait la folle. Elle commençait rase autour du chemin, puis le chiendent prenait possession de la terre, laissant quelques épis d’orge et d’herbes folles se mêler au tout, plus près du lac, avant que les roseaux ne viennent s’ancrer dans la terre détrempée du bord de lac, accompagnés de quelques algues et autres plantes aquatiques d’eau douce. Un poisson sautait parfois hors de l’eau, provoquant une gerbe d’éclaboussures transparentes qui retombaient ensuite sur la surface autrefois impassible du lac, et puis, l‘espèce de serpent géant qui vit au fond du lac avait l‘air drôlement sympathique, lui aussi.. Tout était fait de calme. De tranquillité. De silence.

Idai s’allongea dans l’herbe sous un arbre et ferma les yeux, sans s’endormir pour autant. Il ne faisait rien, absolument rien. Quand il ne se passe rien, mieux vaut ne rien faire. Tiens ! en y repensant, même le serpent ne devait rien faire à ce moment.
Évidemment !, eh oui, évidemment…
Il y a toujours quelqu’un qui ne fait rien comme tout le monde.
Il devait être vers onze heures ou midi, et Idai avait, lui, dû s’endormir. Un bruit de pas l’alerta. Il se releva immédiatement et fixa le chemin, entendant distinctement les pas se rapprocher. Il sentit un frôlement au niveau de son dos et tourna la tête, remarquant que ses ailes avaient fait leur apparition, et quelques plumes volaient ici et là, dont la plupart allèrent se poser sur le lac. Apparemment, pas de griffes ni de crocs, mais bon… Les pas se rapprochaient encore, et avec deux ailes dans le dos, il ne devait pas avoir l’air bête, surtout à fixer un chemin de terre avec la tête blasée de quelqu’un qui a VRAIMENT l’habitude de se faire avoir. Ah oui, c’est là que le quelqu’un arriva. Grand clash…
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Dim 29 Aoû 2010 - 20:36

[Désolée, en te relisant j'ai remarqué quelques similitudes, c'est pas fait exprès.~
J'ai fait le plus long que j'ai pu xD]


    Un vent étrangement frais pour cette nuit d'été glaçait les membres nus de cette singulière jeune fille simplement habillée d'une robe de mousseline bleue. Pourtant parcourue de frissons, Magdalena n'y faisait aucunement attention. Elle balançait ses pieds nus d'avant en arrière, perdue depuis son banc dans la contemplation du ciel parsemé d'étoiles. Pas un nuage ne venait troubler la scène. Incapable de mettre un nom sur les constellations qu'elle observait, elle savait tout de même en apprécier la beauté.

    C'était sa première nuit dans la pension IneKa. Ou tout du moins, dans l'enceinte d'IneKa. Magda avait dû passer un maximum d'une heure dans la pension, le temps de remplir les papiers administratifs -auxquels elle avait simplement apposé sa signature, ne jugeant pas nécessaire de savoir de quoi ils pouvaient bien traiter-, de faire un rapide tour du campus et de déposer ses affaires dans sa chambre. Mais, ne tenant pas en place, elle s'était faufilée hors du bâtiment avant d'être coincée par une quelconque restriction de sortie trop tardive. Elle s'était promenée un moment, et quand la nuit était tombée, elle s'était écartée du chemin et avait continué son chemin dans l'herbe, ses chaussures à la main afin d'apprécier le doux contact de l'herbe fraîchement coupée sous la plante de ses pieds. Ne portant pas de montre, elle ne saurait dire combien de temps elle avait marché avant de rejoindre un chemin bordé de bancs. Elle s'était assise sur l'un d'entre eux, et n'avait plus bougé pendant plusieurs heures.

    Mag n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, pouvant seulement affirmer que la plupart des pensionnaires dormaient sûrement. Retenant un bâillement, elle ne les envia pas pour autant. Elle appréciait davantage passer la nuit dehors. Elle avait toujours adoré être dehors. A aucun moment elle ne se demanda si quelqu'un pouvait la chercher, si l'endroit était sûr, et surtout quel était cet endroit. Petit à petit, elle ne pensa d'ailleurs plus à rien, et ses yeux se fermèrent. La jeune fille finit par s'assoupir. Un laps de temps qu'elle crut très court s'écoula, et elle se réveilla allongée sur le banc, éclairée par les premiers rayons de Soleil, qui lui indiquèrent que de longues heures s'étaient bel et bien écoulées. Elle se redressa et s'étira, un sourire sur les lèvres. Les yeux dans le vague, elle effleura le bois du banc sur lequel elle se trouvait de la main gauche, et murmura à son attention ;

      « Bonjour... ! »

    Pure politesse. Elle ne faisait que saluer la 'chose' avec laquelle elle avait dormi. Quoi de plus naturel, après tout ? Cette vieille habitude de s'adresser à tout et n'importe quoi datait de sa petite enfance. Elle inquiétait tout le monde, mais en même temps personne ne s'en inquiétait ; quiconque la voyant à l'œuvre l'éviterait par la suite, au lieu de la conduire chez un médecin, ou même, à la rigueur, chez un psy. C'était précisément la raison qui l'incitait à continuer : personne ne s'occupait d'elle. Mais passons. Magdalena se leva et partit d'une démarche sautillante dans la direction opposée à celle par où elle était arrivée, ses chaussures se balançant au bout de son bras. Elle ne pouvait pas voir les impressionnantes cernes qui soulignaient ses yeux, ni les marques rouges sur tout le côté gauche de son corps qui auraient assurément amusé chaque passant. Mais, et heureusement pour Mag, il n'y avait personne pour se moquer d'elle. Miss Evans ferma les yeux, appréciant la fraîcheur matinale. Malgré le fait qu'elle n'y voie plus rien, ses pas étaient toujours autant assurés, et elle marchait à peu près droit. Elle se mit à fredonner un air de son invention, qui, il faut l'avouer, ne ressemblait pas à grand chose. Cependant l'effet, bien qu'étant contraire sur les autres, était apaisant pour Maggie. Mais elle interrompit brusquement cette horreur et ouvrit grand les yeux tandis qu'elle s'étalait par terre, après avoir trébuché sur elle-ne-savait-quoi. Laissant échapper un cri pitoyable, elle stoppa sa chute à quelques centimètres du sol, s'éclatant le coude droit du même coup. Bien heureusement, le sable avait remplacé le gravier, ce qui lui évita nombre d'écorchures. Un peu sous le choc, elle resta dans la même position plusieurs longues secondes avant de se relever. Elle grimaça de douleur en essayant de bouger son bras. Mais après quelques tours de coude, la douleur se fit moindre, et la jeune fille rassurée balaya d'un geste le sable venu se coller sur son genou, avant de reprendre sa marche.

    Jusqu'alors obnubilée par elle-même, elle n'avait pas remarqué la personne qui se tenait près d'un arbre. Elle n'avait pas non plus remarqué les grandes ailes noires dépassant de chaque côté de son dos. Le regard de Magdalena resta fixé sur elles, et la jeune fille ralentit le pas, pour finir par s'arrêter en face du jeune homme, la bouche entre-ouverte en une expression béate. C'était quoi, ça, au juste ? Un vulgaire déguisement ? Ou un de ces élèves si particuliers dont elle était persuadée de faire partie ? Sans doute l'un de ces derniers. Son expression peu aimable, il faut le dire, ne ressemblait pas à celle de quelqu'un s'amusant à se déguiser. Son regard s'attarda ensuite sur ses yeux. Ils étaient... Violets. Ou tout du moins ils le paraissaient, avec cette lumière et à cette distance... Mag, se rendant compte de l'air qu'elle devait avoir pris, ferma la bouche et se concentra sur ses yeux. Peut-être portait-il tout bêtement des lentilles de contact. Quoi que, qui porte vraiment des lentilles de contact violettes... ? Mis à part les pré-adultes-qui-aiment-se-déguiser-pour-aller-bouder-seuls-sous-un-arbre. Et croyez-moi, ça ne court pas les rues. Elle fit un pas dans sa direction, décidée à aller à la rencontre de ce singulier personnage qui l'intriguait tant. Mais elle se ravisa bien vite, et resta sur place. Il ne dégageait pas franchement la sympathie. Vous me direz, depuis quand Magdalena s'en soucie-t-elle ? - Depuis qu'elle rencontre des gens ailés aux yeux violets. Néanmoins, il y avait quelque chose chez lui qui avait piqué sa curiosité... Elle savait que si elle passait devant lui sans rien dire et continuait son chemin, elle n'aurait de cesse de penser à lui, et elle regretterai de ne pas lui avoir adressé la parole. Aussi, un sourire timide se dessina sur ses lèvres, et elle lui fit un petit signe de la main, curieuse de voir sa réaction.
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Lun 30 Aoû 2010 - 19:00

La première chose que fit Idai en remarquant qu’une jeune fille était arrivée fut d’hésiter. Sa mère ; encore elle ; avait peut-être été une sociopathe de premier ordre, mais elle n’avait pas pour autant négligé son éducation. Quoique son expression passa du « j’enaimarre » à un mélange d’étonnement complet et de grande hésitation sur l’attitude à adopter, il n’avait pourtant pas bougé d’un cil. Euh, s’il vous plaît ? Comment se décider quand on est un asocial et qu’on a l’arrivée d’une personne dans un endroit tranquille et peut-être un peu isolé ? Sans compter qu’il avait toujours ses deux ailes dans le dos et qu’il dévisageait la nouvelle venue. Pour l’instant, elle avait l’air très étonnée, c’était le moins de le dire. Étonnée, intriguée… Oui, mais de quoi ? Idai chercha ce qui pouvait, chez lui, ne pas paraître normal. Mis à part deux grandes ailes noires, il ne voyait pas grand-chose. Et encore, il n’y avait pour l’instant que les ailes. Et en parlant des ailes… Idai essaya, tant bien que mal, de les faire disparaître, sans succès. Autant ne pas essayer deux fois, ça ne servirait à rien. À la place, il concentra son attention sur la jeune fille qui venait d’arriver. Et puis finalement, il trouva ce qui clochait chez lui. Elle avait des cheveux roses, sûrement teints, et des yeux bleus. Pas n’importe quel bleu, une nuance entre l’outremer profond et l’aigue-marine, un peu verts. On peut toujours trouver cela un peu étrange, pour ne pas dire carrément bizarre, mais quel est le degré de différence entre une tignasse plus auburn tirant plus sur le roux et des yeux aussi violets que des améthystes ? Il continuait néanmoins de la dévisager, avec un air un peu plus sérieux mais aussi assez intrigué. Il s’en rendit compte rapidement et changea radicalement d’attitude, détournant un peu la tête. C’est là qu’elle lui fit un petit signe de la main, souriant d’un air timide.

Ce signe là… Clem. Idai baissa la tête et se mordit l’intérieur de la lèvre. Le petit fantôme australien le hantait toujours, sans être réellement présent. C’en devenait angoissant, à force, de toujours revoir le même visage. Soit c’était sa sociopathe de mère, soit c’était Clem, l’esprit souriant et prêt à tout pour aider les autres. Malgré tout, Idai releva la tête et lui rendit son signe de la main, sans vraiment la regarder. À la place, il se mit regarder le lac, encore. Tout était vraiment tranquille… N’ayant pas la possibilité de faire disparaître ses ailes, Idai les replia simplement contre son dos, fixant seulement la surface de l’eau d’un air triste. Il n’aurait jamais pensé que Sydney lui manquerait, bien au contraire. Il n’avait pas bougé de sous l’arbre… La surface du lac semblait le fasciner, mais il ne le voyait pas vraiment. Il avait le regard vide quand il fixait l’eau. Puis il se mit à pianoter dans l’herbe, comme s’il avait les touches d’un piano sous les doigts. Il l’avait dans la tête à vie, cette chanson ! Mais, laquelle ? Tout simplement How to save a life de The Fray. Il s’était, d’ailleurs, souvent posé la question. Comment sauver une vie ? Il n’en avait jamais eu aucune idée. Pour lui la vie avait toujours été un dilemme basé sur la vie ou la mort. Des deux choix, le sien avait vite été fait. Pour l’heure, il pianotait simplement dans l’herbe, fixant le lac sans le voir, ses deux ailes sagement repliées, n’ayant toujours pas disparu. Il regarda de nouveau dans la direction de la jeune fille, elle n’avait pas bougé. Avec un léger soupir, il lui fit signe de s’approcher. La discussion promettait d’être… variée, mais bon, puisqu’il songeait à Clem, elle l’aurait déjà réprimandé et lui aurait collé une belle taloche pour ne rien dire et ne rien faire. Il attendit qu’elle soit arrivée à sa hauteur pour tourner la tête vers elle.

« Hello. »

Puis il se remit à fixer le lac. Mais qu’est-ce qu’elle devait penser ? Ah, si. Il va bien, celui-là ? Pour tout dire, Idai se le demandait. Il se sentait de plus en plus désorienté, complètement à l’ouest. Bah, oui, il perdait le nord, et pas qu’un peu. Tout en continuant de regarder la surface du lac, il se leva et s’avança vers la berge, restant tout de même à bonne distance de l’eau, et déploya lentement ses ailes. D’autres plumes noires s’envolèrent doucement, en rejoindre d’autres sur le lac ou dans l’herbe, voire même ailleurs, plus loin. En fin de compte, ça n’était pas si désagréable d’avoir deux ailes dans le dos, c’était juste… pas très pratique pour la vie en société, quoique, la société, Idai n’était pas tellement emballé à vivre cette vie là. Disons qu’il préférait rester dans sa bulle, avec un piano à moins de trois cents mètres. Au fond, il se demandait même comment la jeune fille allait réagir. Déjà peu avenant à aller vers les autres, c’était encore pire quand quelqu’un venait vers lui. Quoique, il lui avait fait signe de venir… Et le silence, lui, régnait toujours. C’était un peu comme le grand froid. Qui allait faire le premier pas ? Idai hésitait toujours. Cela dit, il s’était un peu habitué à la présence de cette jeune fille, et n’avait décelé chez elle absolument rien de… spécial. Bref, rien qui la différencierait des humains normaux. Soit elle en était une, soit elle cachait bien son jeu.
Se sentant observé, Idai tourna la tête, repliant légèrement ses ailes. Elle le regardait, l’air un peu intriguée. Il eut un demi-sourire et se mit face à elle, néanmoins distant. De quoi avait-il l’air ? Il pouvait toujours se le demander, mais une chose était sûre, il ne devait pas avoir l’air bête… Il eut l’air encore plus stupide en inclinant la tête sur la gauche, les mains dans les poches, deux ailes dans le dos. Des fois, il se demandait s’il était si asocial que ça, et surtout s’il allait bien. Ça n’était pas la première fois qu’il faisait l’idiot, mais la première devant quelqu’un qu’il ne connaissait pas, la seule personne l’ayant vu faire n’importe quoi ayant été Clem, une petite fantôme tout aussi barzinguée que souriante.
N’empêche que là, il allait pour de bon… retourner rêvasser. Eh ouais, le voilà qui se mettait à fredonner, tranquillement, sans prendre compte du fait que quelqu’un le regardait, se demandant sûrement s’il n’était pas un peu fou, pour ne pas dire beaucoup.

« I tear my heart open, i sew myself shut. My weakness is, that i care too much, and my scars remind me, that the past is real. I tear my heart open, just to feel… »

Pour faire simple, il s’était tout simplement mis à chanter. Des fois, être un Ange des Ténèbres a énormément d’inconvénient, et être mélomane aussi. Mais le silence est parfois pesant, et si on ne parle pas, autant chanter ! Sans qu’il ne s’en rende compte, il avait entièrement déployé ses ailes, et incliné la tête sur le côté droit, les yeux clos. Diagnostic ? Folie passagère due à la grande hésitation entre rester dans son coin et essayer de s’ouvrir un peu aux autres. En y repensant, à Clem bien sûr, qu’aurait-elle fait dans cette situation ? Telle qu’Idai la connaissait, elle se serait mise à danser en chantant, la p’tite folle. Folie… Idai rouvrit les yeux, se rendant compte de ce qu’il faisait et se demanda si un certain esprit n’avait pas déteint sur lui. Par contre, sa tête avait beaucoup l’air d’amuser la jeune fille qui souriait gentiment, presque riante. Elle trouvait ça drôle ? Bizarrement, lui aussi, enfin presque… Et qu’en était-il du serpent géant, au fait ? Quoique, imaginer un serpent géant en train de rire… comporte des risques pour la santé mentale…

« Okay ! commença Idai, assez peu sûr de lui. Eeeh…Non, rien, en fait… »


Que voulez-vous ? C’est ça quand on a pas l’habitude des formalités. Mouais, merci maman. Comment on appelle ça, déjà ? Ah, oui ! être maudit. Le truc, c’est qu’Idai ne commençait jamais les conversations. C’était au choix : sa mère, ou sa mère, ou Clem. Il songea soudain à parler en signes, sauf que… ayant déjà parlé, il n’aurait pas du tout eu l’air bête, et elle se serait vraiment demandé ce qui lui prendrait. À savoir qu’il n’est pas humain, elle pouvait déjà se poser de nombreuses questions sur le compte de son locuteur. À savoir qu’il avait deux ailes dans le dos, l’air vraiment stupide, et qu’il ne savait absolument pas quoi dire, même si c’était une pure connerie. Mais bon, pour ce qu’il y avait à dire. Bonjour, je suis Idai Seeran, un ex-tueur à gages qui avait une mère sociopathe, je suis aussi un Ange des Ténèbres et nouvel arrivé dans cette pension. Et vous ? Concédons le, c’est une approche quelque peu spéciale, voire vraiment… Bon, bref, aussi folle que stupide, cette approche.
Il n’empêche qu’Idai n’avait pas la moindre idée de quoi dire, et surtout de comment le dire. Finalement, l’idée de parler en signes n’était pas si mauvaise… Le seul problème, c’est qu’elle n’y comprendrait absolument rien, et chercherait à engager la conversation, et comme il avait déjà ouvert la bouche, il n’allait plus pouvoir feinter. Il pourrait aussi lui faire peur, il lui suffisait de prendre sa forme originelle, mais… Non. Hors de question. De un, elle ne lui avait rien fait, de deux, c’était tout à fait incorrect.
Il hésitait toujours. Premier pas, pas premier pas ? Comme on dit, il n’y a que le premier pas qui compte, et le reste ça ne coûte rien. Idai avait appris à s’en méfier, de cette sorte de dicton. Disons qu’il y a toujours des exceptions à tout, et la plus belle qu’il ait connue était une sociopathe, alias, sa mère. Eh oui, Asuru, encore et toujours elle. Idai ne serait-donc jamais tranquille même après la mort de celle qui avait détruit sa vie ? Après tout, s’il était venu à IneKa, ça n’était pas seulement pour retrouver son frère jumeau Aeiro, mais surtout pour démarrer sur de nouvelles bases, refaire sa vie. Avec le fantôme de sa mère sur les talons, ç’allait être plus que difficile…

Idai baissa la tête et se mit à fixer le sol. L’herbe avait en fait plusieurs teintes, dont le vert. Une sorte de vert vif, du genre chiendent bien arrosé, suivi d’un jaune paille très contrasté. Il y avait une plume sur le sol ; oh ! quelle ironie, une des siennes ; noire, comme on pouvait s’y attendre. Avec des reflets rouges, verts, bleus, blancs… Multicolores ? Idai se dit que le jour où il verra des reflets multicolores sur ses ailes, il va devoir s’inquiéter… Ah bah, tiens, pourquoi pas de l’herbe orange, aussi, tant qu’on y est ? Le silence, lui, était toujours là, et apparemment pas prêt de partir, tout comme Idai n’était pas près de relever la tête. C’est fou ce que le sol peut être intéressant, des fois… Ah, des fois seulement…
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Mar 31 Aoû 2010 - 18:23


    Magdalena, la mine déconfite, baissa lentement la main, au vu de la réaction du jeune homme. Après lui avoir jeté un coup d'œil, il avait à présent la tête baissée. La jeune fille se mordilla la lèvre inférieure, pensive. Pourquoi cette réaction ? Ce n'était qu'un bête signe de la main, adressé innocemment. Il n'y avait rien d'agressif ou de trop engageant. Mais, à la surprise de Magda, il finit par relever la tête et lui répondre distraitement. Bon, "distraitement" ok, mais c'était déjà ça. Ce n'était pas comme si il l'avait complètement ignorée. Magda ne fut nullement découragée par son attitude peu avenante, et, le sourire de nouveau aux lèvres, elle le contemplait toujours, sans pour autant oser s'approcher plus. Quelques instants plus tard, l'inconnu se tourna de nouveau vers elle et lui intima de le rejoindre. Liberty ne se le fit pas dire deux fois, et s'exécuta aussitôt. Une fois arrivée à ses côtés, il tourna la tête le temps de la saluer d'un "hello" pas franchement chaleureux, sans pour autant se vouloir froid. Puis il repartit dans ses pensées, ayant apparemment trèès envie de converser avec Mag. Laquelle répondit d'une voix amusée tout en s'accroupissant à côté de lui, approchant son visage souriant du sien ;

      « Salut. »

    Puis elle posa son derrière dans l'herbe et, entourant ses genoux de ses bras, contempla... Le lac. Parce que, oui, ils étaient près d'un lac. Et, non, Magda ne s'en était pas vraiment aperçu avant. A vrai dire, elle l'avait remarqué sans réaliser. Très attentive, Miss Evans. Mais son attention s'en détourna bien vite, et elle s'allongea dans l'herbe, les bras croisés derrière la tête. Elle semblait ne pas se rendre compte du silence pesant qui régnait entre les deux jeunes gens. Non, Magda le percevait d'une toute autre manière. Selon elle, il n'était pas nécessaire de dire quoi que ce soit pour tenir une conversation. Sans détourner le regard du point où il semblait l'avoir fixé, il se le va et déploya ses ailes. Impressionnée par leur grandeur ainsi que leur beauté, elle ne put s'empêcher de les observer ouvertement. Peut-être cela consistait-il en un geste impoli ? Magdalena n'en savait rien, c'était la première fois qu'elle voyait quelqu'un avec de vraies -paraissait-il- ailes. Elle effleura du bout du doigt une plume venue se poser non loin d'elle, avec une pieuse retenue. Elle n'osait même pas la prendre en main. Elle rangea respectueusement ses doigts et reporta son regard sur le jeune homme. Elle se dit, non sans un sourire, que les ailes n'étaient pas les seules à être attirantes. C'est ce moment-là qu'il choisit pour se retourner. Masquant toute trace de son précédent sourire, elle le dévisagea. Il ne semblait pas totalement à l'aise, comme s'il se demandait que faire. Il commença par lui sourire à moitié, sans être très franc, puis adopta une posture un peu plus décontractée, calant ses mains dans ses deux poches, et penchant légèrement la tête sur le côté. Magdalena le regardait par en-dessous, étant toujours allongée. Il reprit ensuite un air absent, et se mit à chanter, faisant profiter à Magda de sa belle voix grave. Mag, ne reconnaissant pas l'air qu'il entonnait, se demanda s'il l'inventait au fur et à mesure. Ou bien il reprenait un tube ultra-connu mais n'était pas reconnaissable, faute de talent au chant. Mais elle écarta bien vite cette idée, et roula sur le ventre, calant son menton dans les paumes de ses mains afin de mieux l'observer alors qu'il chantait. Il avait à présent la tête penchée à droite. Ses yeux clos ne purent pas remarquer le sourire (presque) tendre qui s'était formé sur les lèvres de la jeune fille. Lorsque ses yeux se rouvrirent, le sourire de Maggie s'étira encore. Il sortit d'une voix hésitante ;

      « Okay ! Eeeh... Non, rien, en fait... »

    Magdalena laissa échapper un petit rire en voyant à quel point il semblait être perdu, ne sachant ni que faire ni que dire. Elle le laissa planer tout seul un moment, le couvant d'un regard presque maternel, toute attendrie. Il est vrai qu'il en fallait très peu à Magda pour se prendre d'affection pour quelqu'un. Il baissa la tête, semblant plongé dans l'observation du sol. Magdalena se décida enfin à intervenir, et elle s'interposa entre le sol et lui sans ressentir aucune culpabilité d'avoir interrompu un si passionnant échange. Du haut de son petit mètre 62, elle n'eut pas à se baisser. Elle lui offrit son plus beau sourire et prononça d'une voix douce mais assurée ;

      « Je m'appelle Liberty. »


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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Jeu 2 Sep 2010 - 16:52

On ne le pense pas souvent, mais c‘est fou ce que le sol peut être d‘un intérêt. Idai n‘avait fait que le fixer pendant un bon moment, avant que Liberty ne vienne interrompre sa fixation sur les brins d‘herbes. Eh oui, elle s‘appelait Liberty, cette jeune fille qui était arrivée au lac d‘une manière assez… non, pas pitoyable, disons… inhabituelle. La pauvre avait trébuché. Et Idai, lui, à ce moment là, rêvassait, comme d‘habitude ! Et comme si ça n‘avait pas suffit, il avait Scars de Papa Roach dans la tête et n‘arrivait pas à la chasser de son esprit, cette maudite chanson.
Il fixait donc le sol, aussi perdu dans ses pensées que dans la pension, que dans l‘endroit où il était. Il était perdu partout ! En plein débat intérieur sur les différents coloris de l‘herbe, il ne remarqua pas tout de suite que la jeune fille qui venait de s‘immiscer entre lui et le sol. Elle n‘avait pas l‘air de s‘en vouloir, et Idai ne lui en voulait pas non plus. Elle avait un grand sourire …

« Je m‘appelle Liberty.»

Liberty… Pour le coup, Idai tilta. Limite s‘il n‘y eut pas l‘ampoule près de la tempe droite. Non seulement il releva la tête avec l‘air stupide de celui qui vient de comprendre quelque chose qui n‘a absolument rien à voir avec la discussion en cours, mais il fit disparaître aussitôt les deux ailes qu‘il avait dans le dos, sans savoir pourquoi ni comment. Pour le coup, il se sentit stupide, et reprit un air légèrement plus sérieux. Liberty… Non pas que cela veuille dire « liberté » mais ça y faisait penser. Sauf si vous venez tilter sur « freedom » juste après, là ça plombe tout. Eh non ! malgré quatre belles et longues années dans la capitale culturelle et économique de l‘Australie, Idai n‘avait pas du tout pensé au mot freedom… En revanche, il cherchait un moyen de se présenter convenablement, et en évitant tout sujet ayant rapport avec sa défunte mère aux lourdes tendances sociopathes. Quoique cela put être facile d‘éviter d‘en parler, Idai savait que les parents reviendraient rapidement dans la conversation, et il n‘allait tout de même pas dire qu‘il avait lui-même tué sa mère en pleine banlieue de Sydney, dans la maison où ils avaient emménagé, et qu‘il s‘était enfui après tout en étant recherché par les forces de l‘ordres pour quatre homicides, presque involontaires. Mieux valait éviter tout sujet sensible de le faire se renfermer sur lui-même. Mais de quoi avait-il donc l‘air ? Tout simplement de quelqu‘un qui est tout sauf mentalement présent et qui cherche comment se présenter alors que ça n‘est absolument pas difficile. Et puis finalement…

« Moi c‘est Idai. Enchanté, Liberty. »

Il avait légèrement sourit en se présentant. Ça ne lui ressemblait pas, mais au final, qu‘est-ce qui lui arrivait aujourd‘hui lui ressemblait, sinon… rien ? Il tourna la tête vers le lac, là où il aurait dû voir une aile noire quelques instants plus tôt. Mais il ne vit que le lac. Il baissa la tête, un peu gêné. Sans ses ailes, il n‘avait pas vraiment l‘impression d‘être lui-même. Lui qui avait si souvent rejeté la vérité sur ce qu‘il était, parce qu‘il en avait honte, qu‘il avait hérité de la moitié des pouvoirs et de la force de ses défunts ancêtres… Il s‘en rappelait, à chaque fois qu‘il passait devant une glace, ou même un étang, ou toute autre surface permettant de renvoyer son reflet, il s‘y voyait sous sa forme originelle, et tous ceux qui regardaient à ce moment là aussi. Sauf qu‘ils furent peu… Très peu. À cette pensée, Idai se retourna d‘un bloc, se retrouvant face au lac et s‘écarta vivement de plusieurs pas de la berge, de manière à ce que ni lui ni Liberty ne puissent voir son reflet. Sans le vouloir, il était retourné en dessous de l‘arbre. Il laissa échapper un soupir de soulagement en sentant le contact tiède du tronc d‘arbre sur la paume de sa main. Pour le coup, il s‘était éloigné du lac… Il trouvait quand même ça fou, d‘avoir peur de soi-même. Il ferma les yeux un instant et inspira à fond pour se calmer. Oui, vraiment, de quoi avait-il l‘air ? Décidemment, il était trop versatile. Ça n‘arrêtait pas. Un coup asocial fini, un autre coup quelqu‘un d‘assez timide mais sociable, et la fois d‘après, une personne apeurée par sa véritable nature. Idai se sentait de plus en plus stupide, et devait vraiment donner l‘impression de l‘être. Quand il rouvrit les paupières il se rendit compte que Liberty le regardait d‘un drôle d‘air. Il regarda un instant ailleurs avant de rediriger son regard vers la jeune fille.

« Désolé… je… »

Il se garda bien, évidemment, de préciser que sa réaction avait rapport avec ce qu‘il est. Comment lui annoncer qu‘il est un Ange des Ténèbres, et que sa forme originelle comporte non seulement deux ailes mais aussi des griffes et des crocs ? Bien que ces derniers soient plus défensifs qu‘offensifs, allez donc lui expliquer… Il ne savait vraiment pas comment tourner ses propos pour lui dire qu‘il n‘était pas un humain et … que son passé n‘était pas vraiment ce que l‘on peut appeler une vie. Que l‘on pouvait appeler ça tout sauf une vie… Et bien sûr, il n‘allait pas préciser, qu‘en parlant de vie, il essayait de refaire la sienne ! Décidemment, il n‘y arriverait jamais… Son père le lui avait Ô combien de fois répété : « Tu vas avoir besoin d‘aide, Idai… » De l‘aide, oui, mais n‘étant pas enclin du tout à aller vers les autres, comment allait-il, s‘il vous plaît, obtenir cette aide ?
Il baissa légèrement la tête de nouveau, la détournant sur le côté, tout en se laissant glisser le long du tronc d‘arbre pour finir dans l‘herbe, de plus en plus gêné. Il avait la très nette impression d‘être dans une impasse… Impression qu‘il connaissait plus que bien, par ailleurs, vu le nombre de fois où il l‘avait ressentie. Et cette impression d‘être observé… Au moins, il savait par qui, puisqu‘il n‘y avait que Liberty et lui au lac.
En attendant, il hésitait toujours sur la manière d‘annoncer les choses… Et il n‘était pas prêt de prendre une décision…
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Sam 11 Sep 2010 - 18:54

    Magdalena patienta, s'amusant des multiples expressions qui passaient sur le visage de cet étrange personnage. Au bout de plusieurs interminables secondes, il finit par lui délivrer son nom. Il s'appelait Idai... Mais, bien qu'elle l'ait enregistré, son prénom n'était pas ce qui avait retenu l'attention de Magda. Non, ce qui l'avait fait réagir, c'était son sourire... Un sourire passager, tout juste visible, mais quel sourire... Elle n'avait jusque là pas remarqué la belle courbe de ses lèvres, ainsi que.. Ainsi que le fait qu'il n'avait à présent plus d'ailes dans le dos. Et qu'il semblait gêné. Bien vite, il s'éloigna d'elle et retourna sur son arbre. La bouche entre-ouverte de stupéfaction, la jeune fille battit des cils, confuse. Était-elle à l'origine de son malaise ? Se tordant les mains, elle resta sur place, attendant comme un signal de sa part l'autorisant à la rejoindre. ... Depuis quand Magda devait-elle se faire prier pour harceler quelqu'un ? Quoi qu'il en soit, ce qu'elle perçut comme un "signal" ne tarda pas à venir, sous la forme d'un malheureux ;

      « Désolé... Je... »

    Bien que peu engageant en apparences, cela suffit à la petite Evans. Alors qu'elle s'approchait de lui, il détourna le regard et se laissa choir au pied de l'arbre. Nullement découragée, elle s'installa à côté de lui, appuyant sa joue sur ses genoux, la tête tournée de façon à pouvoir regarder ce fameux Idai. Sans qu'elle puisse s'en empêcher, elle sourit de plus belle. Déjà excessivement souriante de nature, aujourd'hui, elle se surpassait, à sourire en permanence à cette singulière personne qui pourtant ne l'y encourageait pas franchement. Peu bavard, pas extrêmement chaleureux, et pourtant elle se sentait toute joyeuse d'avoir engagé un semblant de conversation avec lui. Des voix parvinrent jusqu'à eux, et l'attention de Mag en fut aussitôt détournée ; elle releva la tête et tâcha de trouver à qui appartenait ces voix. Son regard se porta sur deux adolescents, se régalant chacun d'un pain au chocolat qui arracha un grognement à l'estomac de Liberty et une grimace à son visage. Elle détourna vivement le regard, tentant de se raisonner. Il est vrai qu'elle n'avait pas mangé la veille au soir, ni ce matin, il était donc naturel qu'elle ait aussi faim... Mais pourquoi manger, si c'était pour tout vomir après ? Quel intérêt ? Elle se reprit donc dans la contemplation du charmant Idai, le sourire manquant toutefois à l'appel.
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Sam 11 Sep 2010 - 23:03


Mélancolie, colère, chagrin, aversion contre soi-même…
Ces mots simples suffirent à eux seuls à décrire Idai à l‘instant même où, adossé au tronc d‘un arbre, assis dans l‘herbe la mine abattue et le regard triste, il fixa le sol sec-humide à quelques mètres de la rive du lac. Il riva son regard sur le sol, comme cherchant quelque chose d‘aussi minuscule qu‘une bactérie, ou tout autre corps microscopique. Il regarda intensément un point sur le sol, sans vraiment le voir, le regard vide, torve, fatigué… Une furieuse envie de se lever, de faire les cents pas en se prenant la tête à deux mains pour ensuite laisser tomber ses bras le long de son corps, frapper dans un tronc d‘arbre, prendre le premier galet venu pour le lancer dans l‘eau de toutes ses forces en hurlant pour ensuite se laisser de nouveau tomber dans l‘herbe, se recroqueviller en pleurant comme un gosse, les tempes entre les mains, sans penser à rien que l‘horreur de la vie le taraudait. Il se trouvait stupide, se sentait stupide… Il avait l‘impression que tout ce qui lui arrivait était bel et bien de sa faute. Alors qu‘au fond, il le savait pertinemment : ça n‘était pas du tout le cas. Mauvaise passe, ah ! quand tu nous tiens !

Il ramena légèrement plus ses genoux vers lui, les enserrant de ses bras en attrapant son poignet droit. Il continua de fixer le sol, comme ne pouvant en détacher son regard améthyste à présent aussi vide que l‘océan un gris jour d‘hiver. Seule la couleur eût changé. Mais rien n‘y faisait. Idai était comme absent, inexistant… Il avait la nette impression de voler entre ciel et terre, sans pour autant avoir quitté l‘herbe verte qui poussait autour du lac. Plus rien ne compta pour lui, même pas… le soupçon de vie qui lui semblait rester. Il avait de nouveau la sensation d‘étouffer, de manquer d‘air. Comme si une menace plana au dessus de lui l‘espace d‘un instant, laissant son lourd sillage suffocant. Le lac lui sembla d‘un seul coup d‘une ternie sans pareils. Le vent qui secouait les aulnes et les saules pleureurs des alentours n‘amena plus le regard d‘Idai sur les feuilles qui voletèrent doucement. Lui qui d‘habitude les regardait avec un regard plutôt enfantin, comme fasciné par leur valse. Plus rien n‘avait de couleurs… Il se rendit compte à quel point certaines choses de son ancienne « vie » lui manquaient. Le piano du sous-sol, par exemple. Il regarda un instant sa main… Depuis quand, au juste, n‘eut-il pas joué de piano ? Depuis quand en eut-il vu ne serait-ce qu‘un ? Longtemps… Depuis qu‘il était allé chez son père. Il n‘avait pas même eu l‘occasion de pianoter sur le piano à queue que son père possédait. Arrivé à IneKa, il n‘en avait pas vu un seul ; de piano. Cela ne l‘angoissait pas, non, cela lui manquait simplement. Et puis Clem… Son sourire lui manquait. Sa joie et sa bonne humeur. Le fait qu‘elle se fichât absolument de savoir ce qu‘était Idai, ce qu‘il faisait, de sa mère, même ! Rien que de repenser à Clem lui fit revoir le visage de sa mère, Asuru… Son visage froid, aux traits pourtant fins, n‘exprimait qu‘une haine et une volonté farouche et meurtrière. Un visage qu‘il avait vu bien souvent… Qu‘il voulait oublier, quel qu‘en fût le prix !

« Get away…. murmura Idai pour lui-même.

Il parla à son imagination. Elle seule qui fut capable de ramener le visage de sa mère devant ses yeux violets au regard mêlé d‘une tristesse évidente mais d‘une noire aversion pour ce qu‘il était. Angel of Darkness… Un Ange des Ténèbres. Le peuple le plus haït de toute l‘histoire du monde. Un peuple chassé et décimé pour des crimes qu‘il n‘avait pas commis… Dans la plupart. Certains faits étaient avérés, d‘autres non. Il en devenait encore plus atroce quand on apprenait que certains Anges des Ténèbres avaient participé à ces massacres, trahit les leurs, pour leur misérable vie. Et plus détestable encor… Le fait de savoir que l‘on a hérité de la moitié de la force et des pouvoirs de ses ancêtres morts dans l‘horreur…
Vraiment, la vie jouait avec lui… comme un chat joue avec une souris….

Des voix résonnèrent soudain dans le pesant silence qui avait pris possession de la rive ouest du lac. Joyeuses, mais chamailleuses à la fois. Idai ne tourna même pas la tête. Il ne lui en fallait que peu pour distinguer le froissement du papier kraft. Il jeta un bref coup d‘œil à son ombre… Ils étaient là : crocs, griffes et ailes. Ancrés sur la noirceur translucide de l‘ombre d‘Idai qui se remit à fixer un point au loin.

Allez vous-en, songea Idai.Partez ! Partez puisqu‘en vous en avez la possibilité…

Il se sentait mal… Une sourde migraine battait à ses tempes. Le moindre bruissement lui faisait serrer le poing, même le simple souffle du vent dans les rameaux des arbres. S‘était ajoutée à cela la nausée. Les vertiges eurent donc tôt fait de suivre leur tour. Idai porta machinalement une main à sa tempe, et fut forcé de poser l‘autre au sol pour conserver un semblant d‘équilibre. Il avait l‘impression de tomber dès qu‘il fermait les yeux. Il souhaita vraiment rencontrer le sol, rester allongé par terre. Mais dès qu‘il rouvrait les yeux, il était toujours dans la même position, ayant à peine bougé d‘un cil. Il sentait le regard de Liberty sur lui, mais n‘avait pas la moindre idée de quoi dire. Si rien que le fait de respirer lui donnait la nausée, il n‘imaginait pas parler… Bien au contraire…

Sans savoir pourquoi, il déploya alors ses ailes. D‘autres plumes s‘envolèrent ici et là, et la violence du coup fit hurler et détaler les deux nouveaux venus. Idai se prit à sourire, d‘une manière plutôt sardonique, ou alors mélangée de tristesse et de nervosité. Il avait envie de rire. De rire aux éclats, à moitié en pleurs. Ses nerfs déjà mis à rude épreuve durant dix-sept longues années semblaient vouloir craquer pas à pas. Doucement mais sûrement. Il avait espéré être seul le jour où cela dut arriver.

Machinalement, il s‘enferma dans ses ailes, constatant du même fait qu‘il avait repris sa forme originelle. Il regarda sa main droite, faisant disparaître les griffes qui étaient apparues au bout de ses doigts. Pour ce qui était des crocs, il eut tôt fait de les faire disparaître eux aussi. Puis il rouvrit la cage de ses ailes et regarda Liberty en souriant. Il remarqua également qu‘une rémige teinte de corbeau s‘était posée près de la jeune fille. Il se posa soudain la question de savoir si elle oserait la toucher…. La prendre entre ses doigts. Il se sentait étrangement lui-même. Toute trace d‘un précédent malaise avait disparu. Allait-il le lui dire ? Très franchement, Idai hésita encore pour dire la vérité à Liberty. Il avait peur qu‘elle ne fut effrayée de l‘apprendre, vu le nombre de personnes qui l‘eurent été. Finalement, il se décida… Il avait simplement peur de l‘effarer.

« Au fait… »

Une approche pitoyable ! Il se passa nerveusement une main derrière la nuque avant de continuer, essayant d‘assurer son ton. Ça ne fut pas mince affaire…

« Je… En fait je… Je suis un Ange des Ténèbres, Liberty. En d‘autres termes, je suis absolument tout sauf un être humain… »

Le silence qui suivit la nouvelle se prolongea un peu. Idai pour sa part, fixait une de ses plumes qui, posée dans l‘herbe, lui donnait l‘impression de pouvoir s‘en aller à tout moment…
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Dim 26 Sep 2010 - 0:00

    Magdalena regardait Idai s'agiter d'un œil intrigué, pas vraiment inquiet, non, simplement intrigué. Cela faisait quelques minutes qu'il semblait ailleurs, et qu'il marmonnait des choses incompréhensibles pour Magda. Cette dernière n'osait même pas rompre le silence qui s'était installé, peut-être de peur d'interrompre une espèce de transe dans laquelle il serait plongé, vous savez, comme les somnambules. Il paraît qu'il ne faut jamais les réveiller. Mais ne nous étalons pas, le jeune homme était bel et bien réveillé, et le prouva d'ailleurs en déployant soudainement ses deux immenses ailes. Liberty écarquilla alors ses grands yeux bleus et sursauta intérieurement sans pour autant bouger d'un millimètre. C'était un merveilleux spectacle pour Mag d'admirer cette singulière personne dont le charisme se déployait de la même manière que ces sublimes ailes. Une fois de plus, une plume était venue se poser tout près d'elle. Et une fois de plus, Magdalena eut une furieuse envie de la toucher... Mais, "une fois de plus", elle se contentait de la regarder... Presque tendrement. Elle semblait si douce. Elle l'était certainement. Pourtant, sans vraiment savoir pourquoi, la jeune fille n'osait pas la prendre, comme si le fait d'y toucher pouvait être dangereux... Elle avait peur d'approcher sa main de cette plume si sombre.

      « Au fait... »

    Tout en se rendant compte que Idai avait repris la parole, Magda resta concentrée sur sa plume qui l'amenait à tant de confusion. Maintenant qu'il faisait de nouveau attention à elle, elle osait encore moins y toucher.

      « Je... En fait je... Je suis un Ange des Ténèbres, Liberty. En d'autres termes, je suis absolument tout sauf un être humain... »

    Cette fois-ci, l'attention de Liberty fut totalement détournée par les paroles du jeune homme, même si elle n'en laissa rien paraître, observant toujours aussi calmement ce qui pour Idai pouvait passer pour un point dans le vague où le regard de la fille aux cheveux roses se serait posé. Il était... un Ange des Ténèbres ? Mag n'en avait jamais entendu parler. Mais si c'était un ange, alors pourquoi sa voix trahissait-elle une telle inquiétude ? Pour Magda, les anges n'étaient rien d'autres que des êtres purs et bons. Où était le mal ? Cela expliquait les ailes... Bien qu'elles soient noires, et non blanches, comme l'étaient celles des anges dans son esprit. Elle leva finalement les yeux sur lui, et répondit d'une voix douce, naïve ;

      « Où est le mal ? »

    Un petit sourire se dessina sur son visage enfantin. Elle parlait à un ange. N'était-ce pas fabuleux ? Elle baissa de nouveau les yeux sur la plume, et tendit cinq doigts fins qui se refermèrent dessus... Elle avait raison, elle était douce. Liberty la rapprocha de son visage et, la tenant de la main gauche, la caressa délicatement des doigts de sa main droite. Maintenant qu'elle la voyait de plus près, elle pouvait distinguer des reflets rouges parmi le noir d'encre de la rémige. Qu'est-ce qu'il avait de la chance d'être doté de ces deux sublimes ailes, se disait-elle... Elle s'imagina, avec les mêmes ailes dans le dos. Non, elle ne ferait sûrement pas le même effet que lui. Lui, sur qui son regard se reporta soudain, et à qui elle adressa son sourire le plus innocent.
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MessageSujet: Re: De l'eau ; des plumes. [PV Magda]   Mer 13 Oct 2010 - 18:19

Et puis la plume sembla s‘envoler d‘elle-même.
Le silence, lui s‘était bel et bien réinstallé sur les rives du lac. En fin de compte, la plume noire n‘avait pas bougé. Simple illusion d‘optique que son départ. D‘autres plumes, ici, là, là-bas, par ici…posées dans l‘herbe, devaient donner l‘impression de bouger au fur et à mesure, sans le faire vraiment. Les quelques reflets rouges qu‘elle arborait grâce à son orientation à la lumière de début d‘après midi changeaient de tons. Passaient du rouge presque pourpre-violet au rouge vif légèrement argenté. Le temps, lui, passait doucement, imperceptiblement. Les minutes devenaient des heures. Ou plutôt, les secondes semblaient devenir des minutes qui semblaient elle-même devenir des heures. C‘en devenait presque angoissant.
Pas pour Idai.
Il fixait la même plume depuis d‘interminables secondes. Chacune de ces secondes passait au ralenti, lui donnant l‘impression d‘un mouvement chez la plume, sans qu‘aucun vent ne se soit levé. Sans que rien ne soit venu titiller la plume sombre.

Chacun avait ses démons dans le dos. Lui, avait l‘impression de les porter en bandoulière. Pour lui, la vie était aussi simple que d‘écrire sur un morceau de verre trempé avec un simple crayon papier. Les moindres détails de sa vie antérieure lui revenaient. Sa mère, l‘affaire Bird… Les mauvais côtés… Il en avait presque oublié les bons côtés. Clem, qui l‘avait plus que défait de sa coquille. L‘Australian Museum et tous ses mystères, qu‘il avait redécouvert à chaque fois qu‘il y allait, la tranquillité des Royals Botanics Gardens, avec son arbre à Loris. L‘aquarium, aussi, avec le légendaire panneau pour le crocodile… Si la chute ne vous tue pas, le crocodile lui le fera. Sympathique, se souvint-il sans le vouloir. Il en avait oublié tous ses fantômes qui le suivaient presque. Plus particulièrement un. Qu‘il revoyait souvent en rêve, avant de se réveiller en sursaut, pour fixer le plafond nu de la chambre sans arriver à se rendormir, dans la hantise d‘un nouveau cauchemar. C‘était sa vie…

Il se rappelait nettement du soir où il avait tué Clem. Avant qu‘elle ne devienne, donc, un esprit. Il n‘avait pas eu besoin de lumière pour voir les différentes expressions qui étaient passées sur le visage de la jeune fille au moment du coup. Surprise. Joie. Peur. … Vide. Pourquoi la surprise ? Peut-être était-ce le premier témoin, celui dont il avait cru sentir le regard lors du premier assassinat. Pourquoi la joie ? Sa première hypothèse était confirmée, elle l‘avait déjà vu avant, et elle était contente de le revoir. Si elle savait… Pourquoi la peur ? Elle allait mourir… Pourquoi le vide ? … Elle était morte. Ou tout du moins mourante quand Asuru l‘avait empêché de la sauver. S‘il avait essayé de résister. S‘il avait seulement résisté à sa mère plus tôt… Elle l‘avait toujours trouvé réticent. S‘il avait seulement été un peu plus. Il regrettait amèrement de ne pas avoir au moins essayé…
Tu ne dois pas avoir de remords…
C‘est trop tard…
Les remords ne servent à rien…
C‘est trop tard…
Ne regrette rien !
C‘est trop tard… Il regrette déjà.

« Où est le mal ? »

La voix de Liberty le sortit pour de bon de ses idées noires. Il tourna la tête vers la jeune fille. Elle souriait naïvement, l‘air enfantin. Elle ne saisissait pas la situation, décidemment… Un Ange, certes oui, mais des Ténèbres ! C‘était pourtant simple à comprendre, quoiqu‘un peu contradictoire dans le fond. Pourquoi croyait-elle qu‘il avait des ailes noires ? Elle s‘imaginait sans doute tous les Anges différents dans la couleur des plumes. Peut-être aurait-elle compris s‘il lui avait montré sa forme originelle, mais… Non. Il ne voulait pas l‘effrayer. Mais il ne comprenait pas pourquoi elle souriait ainsi, naïve. Les deux grandes ailes noires qu‘Idai possédait n‘avaient donc rien pour l‘effarer ? Ou bien souriait-elle pour dissimuler autre chose. Comme de la surprise, par exemple ?
Il ne la suivait pas. Mais alors, pas du tout.
Pour l‘heure, il restait immobile, statique, un peu étonné de la réaction de Liberty. Ça devait, par ailleurs, bien se voir…
A sa grande surprise, Liberty tendit la main pour attraper la rémige posée à côté d’elle. Il la regarda prendre la plume et la porte à hauteur de son visage pour la caresser doucement. Du bout des doigts. Il se sentit soudain gêné. Après tout, cette plume avait été la sienne.

Il sourit. Machinalement. Un sourire comme il en était rare d’en voir un sur son visage. La tête légèrement inclinée sur la droite, les yeux fermés… Un vrai sourire franc. S‘il avait su… Il commençait à réagir comme avec Clem. Inchangeable. Il n‘y avait décidemment rien à faire contre son cas. Puis il changea radicalement d‘attitude, retombant dans la rêverie. Il n‘avait jusque lors rien dit. Mutisme total. Il songeait à parler en signes… Mais qui le comprendrait ? Idai se trouvait égoïste. Il avait tout juste sympathisé avec quelqu‘un ; ou tout du moins il ne l‘avait pas fait fuir ; et déjà ilse mettait à tout gâcher en sombrant dans son mutisme volontaire.
Le plus volontairement du monde, il bougea son aile gauche, avec l‘air d‘un gamin étonné. Ça n‘était pourtant pas la première fois qu‘il le faisait, mais cela suscitait toujours la même réaction chez lui. En même temps, il se disait qu‘il ne devait pas avoir l‘air ridicule. Et puis il se souvint d‘un petit sermon de Clem à propos de l‘imbécilité… Le ridicule ne tue pas, ce qui ne tue pas rend plus fort, donc le ridicule rend plus fort ! Sur les deux dernières phrases, il exprimait encore un léger doute… cela dit. Mais dans un sens, Clem n‘avait pas tort. Le nombre de fois où elle s‘était rendue ridicule… Elle aurait déjà dû être morte avant de le rencontrer, si le ridicule tuait.
Il fit ensuite faire le même mouvement à l‘aile droite, en penchant la tête sur le côté opposé. Il se remit à sourire légèrement. Regarda Liberty. Garda son sourire.
Et tout s‘assombrit…

Tous les souvenirs qu‘il avait laissés de côté revinrent. Ses ailes se replièrent d‘elles-mêmes, toujours apparentes, mais collées à son dos et sagement repliées. Il avait l‘air absent, ailleurs. Il l‘était.
Puis tout s‘éclaircit à nouveau.

Ces petits instants d‘absence, comme celui-là. Il les connaissait bien. Il en avait déjà eu plusieurs. il s‘était résigné, habitué. Il s‘excusa à Liberty avec un pauvre sourire des plus désolés.
Il s‘étira ensuite légèrement et fit disparaitre ses ailes, une fois de plus, mais le plus volontairement qui soit. S‘allongea dans l‘herbe, le poignet en visière. Regardait le ciel à travers les feuilles de l‘arbre sous lequel il était. Ce fut là qu‘Idai se rendit compte qu‘il avait faim. Et pour cause ; si l‘on peut dire. Il avait à peine mangé la veille et rien le matin. Il croisa les bras sur son ventre, toujours allongé, toujours dans le vague. Ferma les yeux. Il n‘avait pas non plus énormément dormi…
Il regarda finalement Liberty, de biais, en tournant les yeux.

« So, what can we do ? »

Il fallut à Idai un petit moment pour saisir que Liberty n‘avait presque rien compris, pour ne pas dire tout. Il réitéra sa question de manière à ce qu‘elle soit plus compréhensible.

« Donc, maintenant, on fait quoi ? »

Hésitation. Il clôt les yeux un instant, cherchant de son côté. Si Liberty ne trouvait rien ils n‘allaient pas se morfondre éternellement au bord de ce lac, bien que ledit lac soit d‘une beauté saisissante et d‘une tranquillité merveilleuse, ou tout du moins aux yeux de l‘ange des ténèbres qui somnolait doucement, perdant peu à peu conscience du monde qui l‘entourait. Quoique… Il finit par rouvrir les yeux. Soupira légèrement. Mais tout était tellement calme…


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De l'eau ; des plumes. [PV Magda]

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